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CINÉASTES REBELLES

À l'époque de la Grande Noirceur (1937-1961).

Antitube présente deux soirées exceptionnelles autour de films principalement québécois et indépendants, souvent très rares, réalisés entre les années 1930 et 1960. 

Ce programme mettra en valeur un patrimoine cinématographique québécois largement méconnu. En plus de montrer des oeuvres indépendantes de cinéastes célébrés tels que Claude Jutra, Michel Brault, Gilles Groulx ou même René Bail, l’accent est mis sur des films qui nous forcent à voir l’histoire du cinéma québécois sous un autre jour.  Guy Borremans et Michel Brault, deux photographes et cinéastes emblématiques de cette période, seront présents pour présenter leurs films et échanger avec le public.

Le programme sera précédé d'un Cocktail de lancement de la revue Contre-jour, cahiers littéraires  #23 , lundi 18 avril 2011 - 17h, au Musée de la civilisation, 85 rue Dalhousie, Québec.

Cette publication contient un article sur La vie d`Emile Lazo d`Omer Parent, présenté le 18 avril à 19 h 30.

 

 


Programme de l'événement

18 avril 2011 / 19h30

Images tirées du film La vie d'Émile Lazo d'Omer Parent

La vie d’Émile Lazo d’Omer Parent, Québec, 1937-38, 12 min, muet.

 

La présentation de ce film, réalisé par le peintre, plasticien, cinéaste et photographe Omer Parent sera un événement majeur. Il s’agit d’une comédie réalisée en 1937-38 à Québec qui raconte les déboires d’un peintre moderniste confronté à la médiocrité et à l’affairisme de ses contemporains. En plus d’aborder un thème qui prend le contrepied des idées reçues sur le cinéma québécois d’alors, en phase avec les autorités duplessistes et cléricales, il s’agit sans doute du premier film de fiction québécois encore existant -, les oeuvres antérieures d’Homier ou de Ouimet étant réputées disparues ou détruites. Il donne la vedette à deux figures centrales de la vie culturelle québécoise de l’époque, soit le caricaturiste et peintre Robert LaPalme (scénariste du film) ainsi que le peintre Jean-Paul Lemieux.

 

Printemps de René Bail, Québec, 1958, 12 min.

 

Documentaire poétique apparemment sur le temps des sucres au Québec. Il s’agit en fait d’une oeuvre marquée par la vitalité et la jeunesse, avec un sens prononcé de l’expérimentation. Un jalon majeur du documentaire québécois comme du cinéma indépendant.

 

Gross-Stadt Zigeuner  de Laszlo Moholy-Nagy, Hongrie, 1932, 11 min, 16mm.

 

Laszlo Moholy-Nagy, figure tutélaire du Bauhaus, a réalisé en Europe, avant ses expérimentations formalistes à Chicago, des films qui anticipent de façon troublante sur le cinéma-direct, caractérisé par une qualité photographique mobile et vive, ainsi qu’un goût prononcé pour le portrait des gens de la rue. Ce premier film de Moholy-Nagy est une merveille : joyau documentaire, où le cinéaste filme avec attention une communauté tzigane hongroise et où les mouvements libres de la caméra inventent une nouvelle musicalité du cinéma.

 

Berliner Stilleben de Laszlo Moholy-Nagy, Allemagne, 1931, 9 min,16mm.

 

Au début des années 1930, de façon indépendante, Moholy-Nagy, dont l’appartenance au Bauhaus le pose aux avants postes de l’esthétique urbaniste du vingtième siècle, propose un portrait exalté, photogénique et très dynamique de Berlin. On y voit la capitale allemande comme jamais auparavant, sous un jour qui bientôt tombera, avec le fascisme, la guerre et ses destructions consécutives.

 

 

La femme image de Guy Borremans, Québec, 1960, 30 min, 16mm.

 

Longtemps interdit. Réalisé de façon indépendante et certainement l’un des films les plus ambitieux du cinéma québécois d’alors. La beauté des images et son discours poétique opaque  (le film est dédié à Claude Gauvreau) y apparaissent clairement comme un manifeste de cinéma, où la liberté de création implique une remise en cause du conformisme de la narration. La femme image, presque jamais vu et jamais diffusé, demeure l’un des seuls films à témoigner aussi en de longs plans de la vie urbaine montréalaise, une ville qui se marche à pied, comme l’ont souvent démontré les écrivains au fil des ans, de Miron à Marteau. Le choix musical du film, quelques années avant Le chat dans le sac de Gilles Groulx où John Coltrane signe la bande originale, est le résultat d’une équipe de choc, formée de deux jazzmen belges établis en Amérique du Nord, Bobby Jaspar (sax ténor, flûte) et René Thomas (guitare) habitués des clubs Lutèce et Little Vienna de Montréal, flanqués de Freddy Mac Hughes et George Braxton (contrebasse et batterie).

 

Ballet mécanique de Fernand Léger, France, 1924, 12 min, 16mm.

Hourra Léger ! d’Omer Parent, Québec, mai 1943, 3 min.

 

L’oeuvre plastique de Fernand Léger a été déterminante pour des artistes comme Alfred Pellan et Omer Parent qui ont eu le bonheur de le côtoyer lors de leurs études à Paris, dans les années 1920. En 1943, Léger vient à Montréal pour soutenir la candidature de Pellan aux Beaux-arts et passe par Québec. Plusieurs années avant le Refus Global, Hourra Léger ! témoigne de l’accueil triomphal dont le plasticien est le sujet, filmé par la caméra attentive d’Omer Parent. Des étudiants de l ‘École des Beaux-arts entourent Léger, avec des bannières. Sur l’une d’elles,  on peut lire distinctement «À mort l’académisme». Le film ayant été découvert lors de l’élaboration de ce programme, il s’agit de sa première présentation publique.

 

En présence de Guy Borremans

28 avril 2011 / 19h30

Images tirées du film Very Nice Very Nice d'Arthur Lipsett

Mouvement perpétuel de Claude Jutra et Michel Brault, Québec, 1949,15 min.

 

Un film marquant, parmi les plus audacieux de leurs auteurs. Claude Jutra, à peine âgé de 20 ans, présentera ce film en France et il se fera connaître très rapidement comme un chef de file du cinéma indépendant québécois. La rigueur, l’inventivité narratives et la maîtrise du médium cinématographique font de ce film un classique d’une grande fraîcheur, comme toutes les meilleures oeuvres de jeunesse.

 

Croquis d’Omer Parent, Québec, 1952, 8 min.

 

Sorte de journal de bord réalisé par Omer Parent au début des années 1950, chez lui. Cet essai se distingue par un souci plastique étonnant, notamment au niveau de l’animation des objets de son bureau, image par image.

 

Caprice en couleurs de Norman McLaren et Evelyn Lambart, Québec, 1948,  8 min.

 

Superbe film abstrait, une oeuvre majeure où McLaren et Lambart inventent, après Len Lye, le film d’animation musical, avec de la pellicule grattée et la contribution inoubliable du pianiste Oscar Peterson.

 

 

Very Nice Very Nice d’Arthur Lipsett, Québec, 1961, 7 min.

 

Oeuvre expérimentale, exemplaire d’un travail de montage posé au plus près du collage photographique. Lipsett y mène à son point d’incandescence le potentiel du montage cinématographique, permettant de transformer un patchwork visuel largement inspiré des médias de masse, afin de créer une symphonie visuelle virtuose, grinçante et sans âge.

 

Marseille vieux-port de Laszlo Moholy-Nagy, France 1931, 9 min.

 

Un tableau exceptionnel montrant l’ambiance du vieux port de Marseille au début des années 1930. Moholy-Nagy, en même temps que Cartier-Bresson, invente une photogénie en mouvement particulière, à mi-chemin du documentaire et de la composition finement réfléchie dont témoigne le travail de montage. Un préjugé tenace suggère que Laszlo Moholy-Nagy est l’artisan d’une oeuvre intensément cérébrale. Marseille vieux-Port permet d’interroger cette idée reçue, en rappelant que son esthétique de la perception et des perspectives dans le monde urbain est le résultat d’une longue et profonde observation de la vie humaine, telle qu’elle se déploie au coeur des villes.

 

Les héritiers de Gilles Groulx, Québec, 1955, 12 min, muet.

 

Sans doute le film le moins connu et le plus sous-estimé de Gilles Groulx, à voir ou à revoir de toute urgence. Deux décennies après Moholy-Nagy, Groulx filme avec sa bolex dans le vieux Montréal des passants, des gens de la rue auxquels il oppose la rutilance de la haute bourgeoisie. Réalisé dans ses temps libres, en créant avec soin une véritable photogénie en mouvement, ce film est peut-être le plus simple mais aussi le plus émouvant de son auteur.

 

Kronos de Denys Saint-Denis, Québec, 1961, 14 min, 16mm.

 

Film oublié,  pratiquement jamais présenté en public ses quarante dernières années, il s’agit pourtant d’un bel exemple de cinéma indépendant québécois tel qu’il s’inventait encore, au début des années 1960. Valorisé par Denys Arcand dans ses écrits, où il compare Kronos avec La femme image  de Borremans, il bénéficie des apports de Jean-Claude Labrecque à la caméra et de René Bail au montage.

 

Le pantin de Luc Chartier, Québec, 1961, 10 min.

 

Tout comme Kronos, Le pantin a été réalisé en 1961 sous l’égide de la Société du jeune cinéma, toujours avec Labrecque à la caméra et Bail au montage. Il s’agit de l’un des rares exemples de films indépendants réalisé dans le vieux Québec dans les années 1960. Des enfants s’amusent avec un pantin dans le quartier historique de la ville.

 

Les actualités filmées d’Omer Parent, Québec, 1965, 3 min.

 

Réalisé aux Beaux-arts de Québec au milieu des années 1960, ce document témoigne du sens ludique et malicieux qui a toujours caractérisé les essais de cinéma d’Omer Parent, ce qui lui fait mériter sans contredit le statut méconnu de pionnier du cinéma indépendant au Québec.

 

En présence de Michel Brault

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Réservations et informations

Co-programmateurs Sébastien Hudon et Guillaume Lafleur


Musée de la civilisation - Auditorium Roland-Arpin
(85, rue Dalhousie, Québec)
Admission générale
6 $ / 4 $ membres d’Antitube, abonnés du Musée et étudiant-e-s avec carte
Réservation: 418-643-2158
Information : 418-524-2113
www.antitube.ca

Antitube remercie ses membres ainsi que :

Guy Borremans, Denys Saint-Denis, Sébastien Hudon, Fabrice Montal de la Cinémathèque québécoise, Lynda Corcoran des Archives nationales du Québec, Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des Arts du Canada, Entente ville de Québec-Mcccf, SODEC, Musée de la civilisation et la Librairie générale française.